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Balade Mahoraise et autres terres lointaines

Balade Mahoraise et autres terres lointaines


Journée de barrages et des débordements 1/2

Publié par zanzibar sur 27 Octobre 2011, 12:52pm

Catégories : #Emeutes 2011

Apres les heurts de Dzoumogné mardi la journée de mercredi a débuté sur les chapeaux de roues avec une flambée des barrages à travers toute l’ile et ce dés les premières heures de la journée. Mais cette fois, les forces de l'ordre ne sont plus intervenues de la manière conventionnelle et une nouvelle forme de violence s'est déclarée

 

A la question de savoir si 15 jours pour entendre tout le monde et rendre son rapport n'était pas trop long compte tenu de la dureté du conflit, le médiateur nomme par Maric-Lucc   Penchard.  Stanislas Martin répondit tout de go : "le conflit est en train de s'éteindre, les magasins ont rouvert et la vie semble redevenue normale. Il faut prendre le temps d'appréhender toute l'ampleur de la problématique..." La petite phrase lâchée alors même que la grève qui en était à son 29èmc jour, aura alors produit son effet, avec un retour immédiat et notamment du côté de Dzoumogné, des barrages et des émeutes. Hier encore, Acoua. Koungou, Tsoundzou, Hajangua, Coconi, Chiconi. Chirongui, Bandrélé, Hamourou, etc. etc. ont vu fleurir les barricades et ce dés les premières heures de la journée, empêchant le ramassage scolaire qui constituait selon le président du conseil général avec un trafic normal des barges, un retour aux conditions idéales du dia­logue.

 

Les enfants ne sont donc pas allés en classe et les barges se sont arrêtées une majeure partie de la journée faisant mettre un pied à terre à l'île qui n'avait pas besoin de ça pour visiter encore le fond du trou. Stanislas Martin qui ne reçut pas l'intersyndicale aux premières heures mais la société IBS, la Colas et Somagaz eut donc le loisir de s'apercevoir que les manifestations contre la vie chère n'avaient pas marqué un stop arrêt et qu'au contraire, une très nette radicalisation du mouvement pouvait être enregistrée.

 

En attendant du côté de Tsoundzou et M'Tsapéré, les barrages furent sporadiques et systématiquement levés par les forces de l’ordre avec les premières grenades lacrymogènes tirées aux alentours de 7 heures du matin pour dégager la RN2 où des palissades entravaient la route. Ce qui eut le don de déclencher la colère avec en guise de représailles et c'était une première, des véhicules civils pris à partie et caillassés. Et cette fois. ce n'étaient pas des enfants !! Pourtant, il n'y eut pas de déploiements de forces pour débloquer les axes routiers où gendarmes et policiers se firent particulièrement discrets. Si paralysie il y a eu, les heurts ont quant à eux été beaucoup moins nombreux en brousse et à travers le territoire avec cette manière si parti­culière de "grever" qui put être prati­quée par des manifestants éparse  redevenus un peu plus doux. Mais pas sur lès points dits chauds de l'île, notamment â Tsoundzou et Majicavo, où les confrontations avec la police et la  gendarmerie n’ont pas man­qués. Tant et si bien pour le premier village cité, qu'une bande d'une trentaine de casseurs, d'émeutiers cagoulés se sont armés de cocktails molo-tovs et ont pénétré les quartiers. Plusieurs maisons ont ainsi été forcées, saccagées et pour certaines dévalisées. Là encore, police et gendarmerie sont intervenues mais sans pouvoir procéder â des interpellations et sans véritablement faire usage des moyens conventionnels que sont les lacrymogènes, les grenades assourdissantes ou les flash-hall Un calme relatif, tout relatif est revenu en fin de journée mais avec une atmosphère tendue, lourde, difficile où il est permis de dire que tout peut repartir en un instant avec des débordements d'une gravité extrême qui atteignent parfois le stade criminel.

 

A Majicavo également, l'absence des uniformes a fini d'énerver les casseurs qui voulaient en découdre. Très agressifs, violents, ils se sont alors rabattus sur les journalistes â plusieurs reprises, avant d'allumer des feux sur les barrages n'hésitant pas bloquer l'accès de la maison d'arrêt puis l'entrée du village aux portes de Mamoudzou. Mais l'agacement aura atteint son comble en milieu de journée avec un petit groupe plus chaud que les autres qui a profité d'un bref moment pour saccager le magasin Monsieur Bricolage qui était ouvert Les forces de l'ordre sur place ont pu procéder à une interpellation cette fois, activant les rancunes et le retour des barrages en feu.

 

Dans les quartiers des 3 Vallées et des Hauts vallons, une psychose s'est installée rapidement avec un groupe d'une trentaine d'émeutiers circulant armés de lance pierre et de billes d'acier, de chombos, d'arcs et de flèches....(c"est aussi une première dans le conflit mais aussi dans l'his­toire mahoraise)

 

Pendant ce temps alors que l'hélicoptère de gendarmerie effectuait ses rotations au dessus des 6 barrages dressés créant un no man's land. des colonnes de bonshommes arrachèrent le grillage de la décharge Hamaha et par petits groupes bien organisés firent provision de bouteilles de verre et de tout ce qui pouvait servir sur un barrage. Les cocktails molotovs devraient être à nouveau de sortie prochainement ils sont aujourd'hui sur quasiment sur tous les sites d'affrontements et constituent un danger extrême pour les forces de Tordre, les personnes et les biens. Mayottc a un nouveau visage et c'est loin d'être le plus beau

En attendant la grève continue aujourd'hui pour le 31èmc jour de grève et peut-être une prise de conscience du gouvernement (Lire l'article de ce numéro : "Sarkozy se souvient enfin de Mayottc")

 

Samuel Bosher  - France mayotte matin

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